12/5/09

Día 2

Poesía. Me vuelco en las versiones originales, correctas y con un punto de dificultad. Anoche me quedé despierta hasta tarde haciendo memoria, rescatando papeles de sus escondrijos con anotaciones de todo tipo: cabreadas, deprimentes, alegres... ¡Cuan poco cambian las cosas a pesar del tiempo! Bajo este pensamiento, y de mejor humor, esperando ganar la batalla de este segundo día, os dejo con Baudelaire en el Leteo:

Viens sur mon coeur, âme cruelle et sourde,
Tigre adoré, monstre aux airs indolents;
Je veux longtemps plonger mes doigts tremblants
Dans l'épaisseur de ta crinière lourde;

Dans tes jupons remplis de ton parfum
Ensevelir ma tête endolorie,
Et respirer, comme une fleur flétrie,
Le doux relent de mon amour défunt.

Je veux dormir! dormir plutôt que vivre!
Dans un sommeil aussi doux que la mort,
J'étalerai mes baisers sans remords
Sur ton beau corps poli comme le cuivre.

Pour engloutir mes sanglots apaisés
Rien ne me vaut l'abîme de ta couche;
L'oubli puissant habite sur ta bouche,
Et le Léthé coule dans tes baisers.

À mon destin, désormais mon délice,
J'obéirai comme un prédestiné;
Martyr docile, innocent condamné,
Dont la ferveur attise le supplice,

Je sucerai, pour noyer ma rancoeur,
Le népenthès et la bonne ciguë
Aux bouts charmants de cette gorge aiguë
Qui n'a jamais emprisonné de coeur.